jeudi 30 juillet 2009

Le fil…

Tous les matins, j'allume l'ordinateur et par là, m'ouvre au monde extérieur. En chaque aube de vie, je sais que quelque chose se produira et j'attends sans jamais bien savoir définir quoi…

J'attends quasi depuis que je suis née non pas un lendemain meilleur mais l'instant qui dira, qui m'exprimera enfin ce pourquoi je suis là mais aussi le moment étincelle qui illuminera la vie autour, tout autour...

Alors, bien que je n'apprécie pas l'attente, je la vis quotidiennement sans véritable espérance ni présomptions. Sans bien m'en rendre compte, j'attends toujours quelque chose, non pas pour satisfaire une envie matérielle ou spirituelle quelconque ou accéder à la réalisation d'un désir bien défini mais simplement pour combler un manque latent et indéfinissable…

Seul l'arrêt du temps suspend l'attente. On pourrait en déduire et y voir une certaine concentration ou encore une particulière attention, je pointerais plutôt la densité du moment qui semble ne pas passer. Ces secondes, ces minutes ne sont alors plus calculées. Alors, je ne suis plus réalité. J'y suis sans y être, sans devoirs, desseins ou besoins à définir ou à compter. Je vis pleinement l'émotion du moment. Oh, non pas à trembler ou à frémir. Non, je suis alors vraiment, intimement intégrée en la vie elle-même. Une infime partie de la nature même. Je ne suis rien et tout à la fois. Sans identité, sans plus de personnalité, je ne suis plus individu. Je suis et accomplis belle l'évidente harmonie…

Je suis réellement différente tout en étant discrète sur ma nature profonde. J'essaie de passer inaperçue, de ne pas me faire remarquer. Je suis l'ombre qui veille et c'est peu dire…

Je ne suis ni heureuse ni malheureuse, ni triste ni contente. Pourtant, je perçois toujours ce que j'appelle beau. Tant dans les personnes croisées au hasard de la réalité ou au détour, ici, d'un simple click, et sans même avoir communément communiqué, que dans tout ce qui est éthéré simplement par et en mon regard particulier...

Et puis, il y a le ciel, immense et éternel qui jamais ne me leurre ou ne me tourmente. Il m'apaise infiniment…

Chaque jour, je saisis ce bonheur d'être peut-être uniquement une seule seconde mais elle possède cette magie à s'étendre toujours immanquablement, infiniment…

mardi 28 juillet 2009

Le fil…

Je suis bien aujourd'hui. Je me sens vraiment bien sans avoir l'explication adéquate à fournir pour ce tout petit bonheur d'être. Peut-être sont-ce les travaux projetés et terminés qui me donnent ce sentiment de plénitude. Ou serait-ce le pas vers l'acceptation réelle, presque complète de ma différence. Ou plus que probablement, ce sont ces bonnes heures de sommeil accomplies normalement, abouties en continuité qui me vivifient bien mieux et rehaussent simplement si bien le moral. Mais le ciel y est tout aussi associé :o)

Sans avoir fait l'exact décompte des journées où il fut précisément comme j'aime à le regarder, je me souviens seulement qu'un bon nombre m'ont permis de l'apprécier. C'est une sorte de magie infinie. D'ailleurs, je reste persuadée être intimement liée à lui et qu'il reflète toujours ce que je ressens…

Mais ne suis-je pas complètement pénétrée d'une douce folie…

Demain est le jour du marché de la petite ville où je vis. J'envisage d'aller m'y balader. D'abord car il me plairait d'y trouver de la rhubarbe afin de préparer le confit dont la recette est généreusement offerte sur le blog de Pierrot (encore merci à lui :o) Ensuite pour acquérir quelques plantes vivaces à planter en pots pour agrémenter plus encore mon petit coin au dehors, ce minuscule univers qu'il me plairait à voir tout vert. Et finalement pour reprendre également l'habitude du monde extérieur car lentement le temps me rapproche de la fin des vacances…

Déjà, je peux les qualifier vraiment de très belles et rien que pour toutes les petites choses qu'elles m'ont offertes. Bien sûr, je ne suis pas partie vers une destination lointaine et ensoleillée qui me retournerait toute bronzée afin de prouver le parfait écoulement de ces congés. Mais puisque je préfère une météo plus tempérée, je ne peux que me féliciter de n'avoir pas migré. Car même si je suis loin de l'Alaska, j'ai pu admirer de magnifiques paysages, en autres, via les clichés pris par un gentil bucheron lors de ses vagabondages en son beau pays :o)

Comme quoi, il ne faut pas grand-chose pour ne pas être morose et voir la vie en rose. Heu, tout en bleu, c'est bien mieux !

lundi 27 juillet 2009

Le fil…

Journée banale qui me dirait n'avoir rien à dire ou à en redire ?

Je ne sais pas très bien sauf aimer assez l'idée de parler pour ne rien dire. Pourtant, Dieu sait lui que mieux me vaut le silence. C'est rigolo d'ailleurs car avant cette fièvre d'écrire suivie de peu par toutes ces rencontres qui ont finalement mieux défini mon engagement à la solitude, je ne parlais pas. J'étais une gentille fille silencieuse souriant ici ou là et sage comme une image. Un bel ange en devenir mais arrêté net dans son envol final…

En fait, je n'ai jamais pu canaliser mes émotions. Se taire est en quelque sorte se contenir et parler déconcentre cette attention. De plus lorsque je cause trop et n'entends plus que moi dans l'éther subtil de la conversation réelle ou virtuelle et que je perçois bien autrement en cette résonnance très singulière, je ne peux que m'exhaler au silence pour percevoir à nouveau l'autre bruit, celui qui dit la vie…

D'ailleurs, la manie s'accroche encore puisque j'hésite toujours lorsque je désire commenter un texte ou une image. En premier, par peur de briser la nature parfois tellement insaisissable que souhaite l'auteur qui destinerait cette publication à une personne précise. Ensuite, par la réelle hantise d'abîmer tout simplement l'essence de l'idée, l'harmonie née lors de la création et souhaitée dans sa finalité. La notion d'intrusion me freine considérablement mais tout aussi, je ne veux absolument pas dévier le destin et donc, ma destinée…

Pourtant et encore une fois, à tort ou à raison, je laisse ici ou là, par vagues, mon sentiment né par cet élan irrépressible à la lecture d'un texte ou à la découvert d'une belle image. C'est plus fort que moi. Comme une pulsion qui sans la laisser venir serait la preuve que je ne suis pas ce que je suis…

C'est fou, non !!

Enfin, j'ai bien illustré ici n'avoir rien à dire :o))

samedi 25 juillet 2009

Le chant du cygne…

Malgré mon âge, comme dévié mais avoué certainement bien avancé, j'apprends tout de même toujours et encore certains jours. En effet, je ne connaissais pas le signifié de ces termes. En réalité, ils désignent une parole d'adieu. Ils représentent alors une valeur sacrée.

En démonstration, voici ce que Socrate en pensait :

Selon vous, je ne vaux donc pas les cygnes pour la divination; les cygnes qui, lorsqu'ils sentent qu'il leur faut mourir, au lieu de chanter comme auparavant, chantent à ce moment davantage et avec plus de force, dans leur joie de s'en aller auprès du Dieu dont justement ils sont les serviteurs. Or les hommes, à cause de la crainte qu'ils ont de la mort, calomnient les cygnes, prétendent qu'ils se lamentent sur leur mort et que leur chant suprême a le chagrin pour cause; sans réfléchir que nul oiseau ne chante quand il a faim ou soif ou qu'un autre mal le fait souffrir; pas même le rossignol, ni l'hirondelle, ni la huppe, eux dont le chant, dit-on, est justement une lamentation dont la cause est une douleur. Pour moi cependant, la chose est claire, ce n'est pas la douleur qui fait chanter, ni ces oiseaux, ni les cygnes. Mais ceux-ci, en leur qualité, je pense, d'oiseaux d'Apollon, ont le don de la divination et c'est la prescience des biens qu'ils trouveront chez Hadès qui, ce jour-là, les fait chanter et se réjouir plus qu'ils ne l'ont jamais fait dans le temps qui a précédé. Et moi aussi, je me considère comme partageant la servitude des cygnes et comme consacré au même Dieu; comme ne leur étant pas inférieur non plus pour le don de divination que nous devons à notre Maître; comme n'étant pas enfin plus attristé qu'eux de quitter la vie !

Ce texte démontre si bien l'essence de l'univers, en tout cas, la nature naturelle de notre planète. À savoir que le décès de l'individu, du moi-je, est simplement le processus tout à fait normal de l'évolution de l'espèce et que seule la mort complète de cette dernière est la seule et véritable fin, pourtant, elle tout aussi, inéluctable…

Alors, pour se garder matérialité, l'homme s'est inventé une vie hautement supérieure dédiée aux délectations et aux distractions afin de supporter sa finalité destinée mais principalement afin de mieux accepter sa perte perçue et vue tellement égocentrée. Tenir absolument la mort éloignée et surtout, brûler le temps pour ne pas y penser. Pourtant, vivre le moment, exister dans l'instant n'est pas automatiquement synonyme de jouissances à pressants pour tous les plaisirs possibles, imaginables et tellement humains…

Hors toutes croyances, en dehors de n'importe quelles dépendances seulement en cette naturelle occurrence, il reste cette pause à simplement se poser sans plus s'interroger pour naître tout en sérénité afin de laisser véritablement venir cette belle et juste destinée…

Je vis sans vivre en moi-même,
Dans mon espoir sans limites,
Je meurs de ne pas mourir
Je vis dans la seule confiance
Que je dois un jour mourir...

Parce que, par la mort, c'est la vie
Que me promet mon espérance.
Mort où l'on gagne la vie,
Ne tarde pas, puisque je t'attends,
Car je meurs de ne pas mourir...

Dans la seule confiance
De mourir un jour, je vis,
Car c'est vivre que mourir,
M'affirme mon espérance...

Mort qui nous donne la vie,
Ne tarde point, je t'attends,
Je meurs de ne pas mourir...

Thérèse d'Avila, extraits.

Mon chant du cygne est ce fil, lui étiré de toute une vie, la mienne qui très lentement s'effiloche mais encore infiniment s'accroche. Car si la mort ne m'effraie pas, elle me chagrine uniquement dans l'approche de cette seule perspective : l'après pour ceux qui me sont proches. Une bêtise à naître goutte l'eau qui existe et persiste à durer le temps qu'elle coule et compte doucement…

vendredi 24 juillet 2009

Le fil…

Je suis bien aujourd

Tout s'explique, se donne à concorder un jour ou l'autre…

Sans bien savoir pourquoi me vient cette idée alors que mes pensées sont un fouillis tortillé puisque non actualisé et sans temps pour tenter le ranger, je me disais aimer les chiffres. Très certainement car toujours ils expliquent, donnent la raison à n'importe quelle situation. Non pas en trichant mais en les composant tels qu'ils m'agréent dans le moment.

Je lisais quelque part que nous avons toujours le choix et je crois que le seul que nous ayons en réalité est d'être heureux ou non. Sinon, comment choisir par exemple de changer ? Avoir la latitude de modifier son apparence extérieure si elle ne nous convient pas en regard à celui de la société ? Ou pire encore, comment se débarrasser d'une maladie ou de ses séquelles imprégnées conscient et inconscient, marquées alors en nos physique et mental ?

Finalement, il faut bien convenir, au mieux concorder à l'image sans doute quelque peu, hum, idéalisée que je ne sais qui aurait dessinée…

Pourtant, je ne peux pas me chagriner d'être toute moche, vraiment laide ou investie d'effets dévastateurs générés par une méchante affection. Seulement, je ne suis pas conforme mentalement et donc, ma physionomie s'en déteint peut-être naturellement. Sais pas vraiment…

M'en fous, est alors ma première pensée alors qu'elle ment pertinemment. Car je ne m'en moque pas intimement mais par habitude, comme une raison bien formatée, je réponds par cet automatisme. En fait, pour être tout à fait honnête, je m'accroche à l'idée de me garder entière et ne pas me perdre. À tort ou à raison, c'est ma façon pour maintenir le cap tout bon. C'est vrai aussi que si je m'obligeais à l'effort de plaire, je séduirais comme n'importe qui. Mais je ne veux que l'authentique, un tic à être mais aussi à ne pouvoir me réjouir à percevoir et donc à recevoir…

Et puis, plutôt que ces idioties à non réflexions, la mise en peinture est terminée pour ce qui concerne le living. Je suis vraiment satisfaite du résultat alors mon œil sourit. De plus, le ciel - ah, le ciel si essentiel - est magique, tellement magnifique aujourd'hui qu'il pétille aussi (le droit mais le gauche tout aussi, y a droit :o)

Une heureuse surprise ajoute également du baume à la journée. L'homme auquel je faisais référence dans mon texte précédent, m'a envoyé un gentil message car il se faisait du souci pour moi.

J'avoue que son geste m'a réellement fait plaisir. Je dois faire amende honorable et reconnaître son attitude comme la preuve que je me suis trompée. Je crois même que je devrais lui présenter des excuses car je pense l'avoir blessé même si ce n'était pas ma volonté…

Sinon, je me rends bien compte n'avoir plus grand-chose à dire. Alors, plutôt que continuer à divaguer mes bêtises, je vais me taire un peu et doucement rembobiner le fil :o)