Ce jour m'emmène en son bleu délié…
Si le ciel est mon lieu, sa couleur est pourtant vouée universelle, non promise unique ou personnelle. Seulement, il sait sensible ma perception à s'éveiller et aisée ma dévotion à l'éparpiller. Il s'accorde encore aujourd'hui en lumière pour m'éclairer et s'offre toujours accord car simplement lui sait…
Il connaît si douce la mélancolie qui, depuis toujours, m'accompagne. Elle, justement arrêtée en sa nature inhibée, comme suspendue au seuil attristé d'une détresse en cet infini affligé. Évoquée seulement par un étrange sourire dédié à la vie, non faussé ou grimaçant et dégagée heureusement de tous desseins à poser une quelconque ou subtile quête qui revendiquerait l'indifférence illuminée par cet actuel juste nivelé et qui s'exprimait avant, pauvre pitié…
Il craint pour ce délicat équilibre qui, par cette singulière dépendance à croire en l'affection que peut lier les êtres en vie, se briserait pour m'emmener au-delà, définitivement en-dedans de cet ailleurs si particulier...
Il appréhende seulement la chute qui immanquablement s'en suivrait s'il ne repoussait - par sa couleur, ce bleu à étendre et tendre mon cœur - l'instant qui attend patiemment, comme tendrement pour m'entraîner une dernière fois lorsque se dévoilera à nouveau l'autre réalité…
J'ai repris, voilà quelques temps, cette curieuse habitude de me balader ou parfois tout aussi, de semer en ces lieux, où j'imagine, se dépose la substance réelle d'aperceptions sincères. Ces espaces à se noter, sans doute, tout autre qu'en vérité…
Cette curiosité bien mienne à n'être pourtant pas dépourvue de finesse puisque la dernière pluie ne datant pas d'un millénaire, je saisis aisément la différence entre être, vouloir ou paraître. Pourtant et malgré cette sensitivité plus qu'exacerbée, j'aime à croire, j'aime à laisser se découvrir ce que j'estime être beau…
Aussi et depuis peu, j'accorde mes mots en écho d'autres. Nous nous écrivons assez régulièrement, rythmant toujours la cadence à celle perçue souhaitée. Ou pour freiner mes élans parfois assez déroutants, ou encore m'attachant plus particulièrement à l'attente anticipée, et imaginée peut-être, de mon correspondant…
Non pas que je sois en mesure d'émietter toute alléchante ma culture pour n'en avoir peu ou pas, ou que j'aie un tas de choses plus ou moins extraordinaire à confier mais plutôt que j'aime simplement communiquer et partager. Échanges dont je veux seulement, pour lesquels j'aimerais simplement et voudrais tant qu'ils ne se découvrent jamais telle une corvée bien obligée ou estimée épuisants forcés…
Alors, pour s'accomplir, ces étonnantes communications mettent en place un processus à l'apparence tellement banale et anodine mais balancée d'un tempo insidieux qui va crescendo – oh, si haut - s'évasant peu à peu vers le bien trop…
Et allumer simplement le PC pour assouvir ma curiosité, et vérifier si du courrier est arrivé, et visiter les blogs appréciés. Lire, m'enquérir de pensées, m'éveiller de belles idées, sembler vivre à travers les mots pour finalement en chercher d'autres encore, et encore et user le temps à ne plus seulement qu'errer bien pitoyablement…
Peu à peu ne plus penser à éteindre l'ordinateur et découvrir le net se laisser m'envahir pour me prendre trop d'heures et me troubler pour se répandre de tant de heurts…
A fuir ! Et toujours, et malgré moi, cependant, y revenir…
Tout ce blabla qui n'est même pas là pour éveiller un quelconque émoi, pour simplement vous dire, pour écrire mon désir d'en finir avec ce jeu pour moi plus que dangereux. Prendre ce recul pour ne pas dépasser le fameux seuil et tomber. M'en aller me retrouver, sans doute seule et solitaire mais toute entière en son vide plein et "ensemblé" en vérité…
Le lien n'est donc plus à suivre puisqu'il n'offrira que ce qui s'y trouve déjà.
Bon vent à vous qui me lirez ici, encore une dernière fois :o)
"Dès qu'une parole a quitté son auteur, elle n'est plus totalement vraie."


New
Age dévoile par sa faim, ce joli copinage qui porte pourtant à faux le bel
adage de l'homme pensant et pensé bien sage pour avoir, entre autre, arrêté, à un
autre âge, cette particulière pensée : "Ce n'est pas un ami que l'ami de tout le
monde" ou autrement énoncé "Avoir beaucoup d'amis, c'est n'avoir point d'amis".
La force complexion, cet essai humaniste à s'essayer tout autre, à tendre la
corde si raide en de tellement vivantes séductions qu'elle finit par se briser
et par là, dévoiler sa vraie nature vainement cachée…
Parfois si las, si fatigué par la charge de l'autre, cette conscience non
matière à toujours dire, à souvent trop se dire, mon corps est pourtant bien le
seul matériau à me porter. Seulement pour et par cette unique impérieuse raison
de vivre, elle, trop souvent déportée pour s'animer absolu d'exister…
Nivelé à descendre ou à monter, n'être que premier degré et ne pas viser la
seconde, minutie, à grimper d'autres marches…
Sans vraiment y réfléchir, j'avoue cette pensée balancée temps en temps à se
dire le désir profondément enfui : j'aurais aimé avoir une maman, j'aurais aimé
ce pouvoir à l'aimer en réalité…
Lune est pleine par sa balade mesurée maintenant achevée.